| Fiche Conseil | ||||||
| Séance : | 28/10/1983 | |||||
| Libelle : | M.M. Maurice SAINT-CYR et Emile LORAILLERE, anciens membres du Conseil Municipal. Nécrologie | |||||
| Document : | 5.— M. le MAIRE.— M. Maurice SAINT-CYR, ancien membre du conseil municipal, est décédé à Fort-de-France à la fin du mois de juillet dernier. Il était né à la Martinique, le 1er octobre 1911. C'est en 1938 qu'il avait créé à Rouen un dépôt de produits pharmaceutiques, rue Dufay, et il devint par la suite le Directeur des laboratoires Roussel pour notre région. Parallèlement à cette vie professionnelle, Maurice SAINT-CYR a siégé dans notre assemblée municipale, du 13 mal 1945 jusqu'au 19 octobre 1947, puis, sans interruption, du 19 octobre 1949 jusqu'en 1965, année de son retour dans son département natal. Durant toute cette période, de 1945 à 1965, soit pendant vingt ans, Maurice SAINT-CYR — que plusieurs d'entre vous ont connu et fréquenté dans cette salle, ou dans le décor précédent de cette salle — s'était vu tout d'abord confier par le Maire de Rouen de l'époque, le 12 mai 1953, les fonctions de Conseiller Municipal Délégué — il était délégué aux sports — puis, le 20 mai 1958, il fut également délégué pour les mariages — c'est l'époque où un conseiller acceptait cette charge qui depuis a été répartie sur les membres du conseil — et enfin, le 23 mars 1959, il devint Adjoint, troisième adjoint au Maire de Rouen. C'est en cette qualité qu'il reçut délégation dans un certain nombre de matières dont l'énumération montre l'ampleur de la charge qu'il avait acceptée : l'enseignement primaire, l'enseignement secondaire et l'enseignement technique, les cantines scolaires, les colonies de vacances, les patronages de la Ville, les jardins et les promenades, la mairie annexe de la rive gauche et j'y viens, les sports. Il manifesta, dès qu'il eut cette charge, un intérêt très vif pour tous les problèmes concernant la jeunesse de Rouen et pour le développement des activités sportives dans notre ville. C'est à ce titre, pour ne citer que l'essentiel des objectifs qu'il a voulu atteindre, avec l'équipe municipale de l'époque, qu'il prit une part très active dans la réalisation et l'équipement des stades Louis Allorge, Saint-Exupéry et Jean Mermoz, ainsi que dans la réalisation de la salle Lionel Terray, sur la place Saint-Marc. En outre, en sa qualité de vice-président du Football Club de Rouen et de président de la ligue de Football de Normandie, il porta notamment une attention toute particulière à la construction des nouvelles tribunes du stade Robert Diochon. Nous sommes encore quelques-uns à avoir connu les débats et la recherche des solutions qui ont abouti à toutes ces importantes réalisations sportives. Il fut par ailleurs l'un des vice-présidents et l'administrateur de l'Office des Sports, et il appartint à de très nombreuses sociétés sportives et culturelles de la ville. Lorsqu'il quitta Rouen, à la date que j'indiquais précédemment, en 1965, il n'abandonna pas le service du sport ; il y avait un goût particulier et un savoir-faire qu'ont apprécié tous ceux qui l'ont connu dans ce domaine. Aussi, dès son retour dans ses Antilles, où j'ai eu d'ailleurs la joie, au cours de voyages, de le rencontrer, il reprit les activités sportives, puisqu'il devint président de la ligue de Football de Martinique, et qu'il se consacra au développement d'un club local. Maurice SAINT-CYR était médaillé d'honneur de l'éducation physique et des sports : cette distinction lui fut décernée en 1954. En 1960, il fut nommé Chevalier des Palmes Académiques, Chevalier du Mérite Civil en 1962 et Officier dans l'Ordre du Mérite Sportif. C'est en 1980 qu'il reçut la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. Nous garderons la mémoire de cet ami chaleureux, ardent, ouvert, et qui a apporté, pendant vingt ans, son dévouement et l'inspiration de son imagination pour le sport, à la Ville de Rouen. J'adresse à la famille de Maurice SAINTCYR l'expression de la fidélité de notre souvenir et celle de nos condoléances très émues. C'est le samedi 13 août 1983, à Saint-Pierre d'Oléron, où il s'était retiré, que M. Emile LORAILLERE décéda. Il avait 63 ans. Après ses études, notamment à l'école de Commerce de Rouen, Emile LORAILLERE débuta sa carrière professionnelle par un court passage au service du Ministère de l'Agriculture, en qualité de Secrétaire Administratif du Groupement des Farines de la Seine-Maritime. C'est là qu'il se fit connaître et apprécier par la profession de la boulangerie-pâtisserie, et il devint peu de temps après Secrétaire Général de la Chambre Syndicale Départementale de cette profession. C'est avec l'aide d'un Rouennais dont nous gardons la mémoire, M. Robert Lemasson, qu'il créa la première et d'ailleurs la seule, école de la Boulangerie. Depuis, elle est rentrée dans le domaine de l'Etat, mais elle fut longtemps une école privée, une école professionnelle, rue d'Herbouville, où elle continue, sous des modalités nouvelles, à déployer ses activités de formation technique. Son sens exceptionnel de l'organisation et de la gestion se manifesta par la suite largement et, dès l'année 1953, à l'occasion d'un problème qui a préoccupé plusieurs d'entre nous — je pense à vous M. le Premier Adjoint, je pense à M. Parment — et qui m'a préoccupé aussi dès cette époque. Ce problème était la réorganisation... j'allais dire la renaissance, de la foire exposition de Rouen, dont les activités bien entendu avaient été interrompues par la guerre et pendant la guerre, et qui étaient reparties grâce à des initiatives rouennaises courageuses, dès 1950, mais sans trouver un lieu définitif et satisfaisant d'implantation. Je ne veux pas m'étendre sur cette affaire, s'agissant ici d'une nécrologie, mais vous mesurez, au moins rétrospectivement, l'ampleur du travail accompli. Et c'est toujours en étroite collaboration avec Robert Lemasson qu'Emile LORAILLERE se spécialise sur la solution des problèmes qui s'attachent au surgissement d'une foire de Rouen digne de notre capitale normande. Dès 1954, et compte tenu de sa formation, ses premières recherches le conduisent à orienter cette foire vers le secteur de l'agro-alimentaire. Tout d'abord aux côtés de Louis Netter, puis en qualité de Commissaire Général de la foire, Emile LORAILLERE concentra tous ses efforts pour rendre la foire de Rouen toujours plus attractive et accroître le nombre de ses visiteurs. Je puis dire aujourd'hui que c'est en grande partie grâce à ses conseils, à son enthousiasme et à son impulsion que j'ai pu décider, avec l'accord de l'équipe municipale de l'époque, l'implantation, enfin définitive, de notre foire exposition sur le terrain d'aviation de l'agglomération rouennaise de l'époque, qui était le terrain du Madrillet. La foire de Rouen s'installait au Madrillet ; elle y est toujours et je peux dire, sans forcer la note, que la foire de Rouen s'est hissée à un niveau très élevé d'activité et de fréquentation et qu'elle a pris progressive.nent une renommée nationale, et même, depuis quelque temps, internationale. Ce succès doit beaucoup à l'action, au dévouement et à la fatigue sans compter d'Emile LORAILLERE. Du 15 mars 1959 au 21 mars 1965, Emile LORAILLERE a siégé au sein du Conseil Municipal de Rouen, et bien entendu c'est à ce titre que je me permets, suivant nos usages, d'évoquer devant vous solennellement sa mémoire. Comme Conseiller Municipal, Emile LORAILLERE a participé, selon sa nature toujours très activement, aux travaux de plusieurs commissions : la commission des Finances, qui était à cette époque présidée par M. Guy LucasLeclin, la commission de l'Urbanisme, qui était à l'époque présidée par M. Eugène Lapeyre, la commission des Beaux-Arts, qui était à l'époque présidée par M. le Docteur Rambert, et la commission des Affaires Sociales qui était présidée par vous-même, M. le Premier Adjoint. Je rappellerai qu'Emile Loraillère fut en outre membre du Bureau, puis Secrétaire Général Adjoint de la Fédération des Foires de France. Cette mission montre l'estime dans laquelle le tenaient les directeurs des autres foires de France. Emile LORAILLERE fut également membre du Conseil des Fédérations Industrielles d'Europe. C'est lui qui fit admettre l'idée d'un Festival International du film industriel, et j'ai un très grand regret que cette implantation à Rouen du Festival du film industriel n'ait pu être maintenue, mais il avait eu cette idée, qu'à l'époque nous avions voulu mettre en oeuvre. Emile LORAILLERE fut fondateur de l'Association Européenne des Villes de Congrès ; il en fut même le trésorier pendant six années. Il créa également l'Association des Congrès de Langue Française, le Club des Organisateurs de Salons sur la protection de la nature. Enfin en 1969 il fonda le Club des Foires. Nous savons tous qu'il décida d'avancer la date de sa retraite ; il en éprouvait un immense regret, mais sa santé déjà précaire l'y obligeait. Et c'est en raison de ses services très éminents que la Municipalité, que j'avais l'honneur de présider, lui exprima, dans une cérémonie publique, la gratitude de la Ville en lui remettant le 12 janvier 1982 la Médaille d'Honneur de la Ville de Rouen, «pour...» — je reprends la citation qui accompagnait cette remise de distinction — « le supplément de rayonnement qu'il avait su apporter à la Ville de Rouen et à la région». Emile LORAILLERE était Chevalier dans l'Ordre National du Mérite depuis 1969. Nous avons tous perdu un grand animateur de la vie rouennaise ; j'ai perdu, nous avons perdu pour beaucoup d'entre nous, un ami merveilleux. Nous garderons un souvenir vivant de sa vie, de sa personnalité. J'adresse à Mme LORAILLERE, à ses enfants, à tous les membres de sa famille, l'expression de l'attachement qui nous lie à sa mémoire et de nos condoléances les plus profondes. (Les membres du conseil se rasseyent). |
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| Année : | 1983 | |||||
| Catégorie : | ||||||
| Page : | 44 | |||||
| Rapporteur : | Lecanuet (Jean) | |||||
| Débats : | ||||||